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De Gavarnie à Etsaut

Variante d’une partie de la HRP.

dimanche 10 août 2014, par JLG

En août 2014 nous décidons avec Lionel de partir de Gavarnie pour un nouveau périple Pyrénéen en direction de l’ouest jusqu’à ? On verra bien.
L’année précédente nous avions parcouru ensemble les deux extrémités de la HRP.

Ayant raté un bus à Tarbes, nous décollons le vendredi 1er août en début d’après-midi.
C’est tard pour démarrer une journée en montagne et la météo n’est pas de la partie.
Notre sac n’est pas très léger, nous partons avec 5 jours de nourriture.

[sommaire]

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J1. Vendredi 1er août. Gavarnie / Cabane des Soldats

Après une collation avalée vite fait à 14h sous le porche de l’église Notre-Dame du Bon Port à l’abri de la pluie, nous décidons, vu les prévisions météo, de joindre la cabane des Soldats sur le chemin du col de Boucharo et d’y passer la nuit pour nous protéger des orages.

Lionel à l’abri sous le porche de Notre-Dame du Bon Port
La grande cascade
Iris bleu des Pyrénées. Lionel (Yoyo) devant.
Moi.

Nous arrivons à la cabane des Soldats. Nous faisons de l’eau juste avant qu’un orage violent éclate.

La cabane des Soldats
Home, sweet home !

À noter l’arrivée à 20h d’un couple qui n’a rien trouvé de mieux que de planter la tente dans la cabane !.. si si...
Un lérot durant la nuit fera un petit trou dans mon sac à dos pour chaparder un bout de pain. Depuis je veille à suspendre ma nourriture.

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J2. Samedi 2 août. Cabane des Soldats / Cabane de Labassa

L’orage a cogné fort sur les pics entourant Gavarnie.
La cabane fut un excellent refuge pour les "soldats-randonneurs" que nous sommes.. Au matin, malgré les cumulus, le ciel est dégagé. Le col de Boucharo est à 1h plus haut.

Au loin, le col de Boucharo
La cabane des Soldats derrière nous.
Bientôt au port.
Port de Boucharo, Lionel.

Puis c’est la longue descente vers San Nicolas de Bujaruelo avec pluie en intermittence.

Puente, camping et refuge de San Nicolas de Bujaruelo

Pause café à l’auberge et nous partons remonter la magnifique vallée de l’Ara par la "Senda", le GR 11 espagnol, avec les capes de pluie !
Ça ne dure pas. Ça va, ça vient...

Cabane de Ordiso. Lionel vérifie le trajet ?

Notre arrivée à la cabane de Labassa se fait au milieu des marmottes ! C’est fou comme elles ont colonisé la vallée. Un(e) jeune "marmotton(e)", terrorisé par notre présence, se terre derrière une plaque de tôle dans la cabane.
Il faudra la psychologie toute "marmottéenne" de Jean-Luc pour lui faire regagner les estives.

Jeune marmotte prise au piège
Cabane de Labassa
Cabane de Labassa, devenue depuis une sorte d’amie.

Son confort intérieur s’approche de celui de la cabane des Soldats... Salle de bain à 50m dans le barranco del Cerbillonar.

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J3. Dimanche 3 août. Cabane de Labassa / Refuge de Bachimania

Les choses sérieuses commencent ! Nous voulons éviter la descente sur les Banos de Panticosa pour rejoindre le refuge de Bachimania par le col de Letrero (2640m).

Le tracé de cette étape sauvage et minérale
Cabane de Labassa

Une randonneuse tchèque arrive à la cabane au moment où sacs prêts nous partons. Nous faisons un bout de chemin ensemble.

Le Vignemale

Au confluent des 3 barrancos qui forment l’Ara nous quittons le GR 11 et la charmante randonneuse tchèque pour chercher le chemin qui mène au col de Letrero.
Quelques tâtonnements plus tard nous repérons les cairns parmi la pierraille et tâchons de ne pas les perdre !

Et ça grimpe...

L’ascension nous offre tout style de pierres et caillasses : blocs énormes dans des cahos granitiques, caillasses de toutes tailles et mauraine type "farine glaciaire"...

Ibón Bajo de Batanes

Ibón Bajo de Batanes avec, en arrière plan, les pics qui ferment le circo del Ara, frontaliers avec la France.

Et cela monte encore...

Cela passe par la gauche. Et après une fois arrivés là-haut, à l’Ibón Alto de Batanes, cela monte encore...

Lionel et l’Ibón Alto de Batanes en dessous
Lionel avec le Vignemale en fond.

Les derniers mètres de la pente raide qui mène au col... Il se mérite !

Col de Letrero

Sitôt le col franchi commence un périple entre lacs et laquets. Nous rencontrons un groupe de randonneurs espagnols qui reviennent du pico de las Neveras. S’ils veulent regagner le refuge pour aller y manger (à l’heure espagnole !), Jean-Luc et moi préférons nous arrêter au bord de l’Ibón de Bramatuero Alto pour casser la croûte (à l’heure française !).

Avec les randonneurs espagnols.
Ibón de Bramatuero Alto

Un bel endroit pour faire la pause de midi.

Et c’est reparti. Avec ce ciel qui ne promet rien de bon...

Lionel en contemplation devant l’Ibón de Bramatuero Alto
Lionel
Barrage de l’Ibón de Bramatuero Alto
Ibón de Bramatuero Bajo avec, au fond, le col del Infierno qui nous attend demain !
Lac de Bachimania
À la croisée des chemins...
Entre 2014 et 2017 j’y suis passé trois fois...
Bivouac à Bachimania

"J’étais resté avec l’idée que le refuge de Bachimania était non gardé... il a été transformé en hôtel 4 étoiles... business is business, même à 2200m d’altitude."

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J4. Lundi 4. Refuge de Bachimania / Sallent de Gallego

Une très longue étape et il va falloir penser à se ravitailler...

Le fait de passer par el collado del Infierno (2720m) fait remonter plein d’images dans la tête de Lionel : "Souvenirs, souvenirs... Une bande de MULs m’a entraîné en 2007 dans le chaudron d’el Diabolo ! C’est avec des images plein la tête que je repasse à cet endroit maudit ! 7 ans déjà ! Et, coucou me revoilou en compagnie d’un Jean-Luc "mi-MUL" comme moi. Salut Fabienne, Fred, Thierry, Antoine et François-Luc ! J’espère que vous arpentez toujours nos chères Pyrénées !"

C’est reparti...

Ibón Azul Inferior
Passage aérien... L’eau doit être trop froide pour un bain...
Le col vu de l’Ibón Azul Superior
Névé
Coup d’œil en arrière, du col
Et petit goûter à l’abri du vent avant de poursuivre. 2720m quand même !
Le Passage du collado de Piedrafita
Il nécessite une attention de chaque instant surtout au moment de la redescente.
Descente vers l’embalse de Respomuso
L’embalse de Respomuso
Respomuso et son refuge
Refuge plus visible là.
Il est très fréquenté. C’est une des bases pour monter au Balaïtous. En ce qui nous concerne : nous poursuivons notre descente.

Nous attaquons la longue descente vers Salent.

Nous atteignons Sallent de Gallego après plusieurs kilomètres de route à pieds. Pas moyen de trouver un bivouac et arrivés à Sallent nous apprenons que l’unique camping vient de fermer définitivement... Nous sommes crevés. Lionel me propose qu’on aille à l’hôtel.

Nous nous ravitaillons : il y aurait, aux dires de l’épicier local, des bisbilles avec le maire du village (aurait-il des parts dans les hôtels de Sallent ?). Ça met d’autant plus en rage notre jeune interlocuteur qu’il y a, chaque année en juillet, un festival de musique qui attire des milliers de personnes (+ de 4000 au concert de Zebda en juillet de cette année !). Il est clair que les festivaliers n’ont pas tous les moyens de s’offrir des piaules d’hôtel ! Et puis Sallent, sur le GR 11, ne propose dorénavant aucun hébergement bon marché aux randonneurs...

Justement, ce soir c’est la fête au village. Bal populaire sur la place, manèges, churros en veux-tu en voilà et bière qui coule à flot. Un cornet de frites et une bière plus tard nous sommes de retour à l’hôtel histoire de récupérer de cette longue étape.

++++

J5. Mardi 5 août. Sallent de Gallego / Lac d’Anayet

Comme le dit Lionel : rien de tel qu’une bonne nuit dans un vrai lit pour se remettre les abattis en place !

Après la fête les ouvriers municipaux sont au boulot et les randonneurs, inlassablement, mettent un pied devant l’autre...

Sallent de Gallego

Après Sallent, les balises du GR 11 disparaissent. Nous devons passer par Formigal et sa station pour joindre les lacs d’Anayet où nous avons prévu de bivouaquer. Aujourd’hui le ciel est d’un bleu plein de promesses. Nous finissons par trouver un itinéraire qui nous évite d’emprunter la route qui monte au col du Pourtalet.

Et, au détour du chemin, Jean et Pierre montrent le bout de leur nez. Les deux bergers de la légende pétrifiés par le côté obscur d’une vilaine fée forment l’imposant et aérien pic de l’Ossau . Nous allons lui faire la cour jusqu’à la fin de notre périple.

Pause casse-croûte les pieds dans l’eau !
Faire sécher les pieds... doucement...
Les lacs d’Anayet sous l’oeil bienveillant de l’Ossau
Contemplation
Bivouac sous le pic d’Anayet
Apéro espagnol...

J6. Mercredi 6 août. Lacs d’Anayet / Astun

Pic d’Anayet et Ossau au petit matin

Pain d’épices , café et c’est reparti...

Digitale, poison mortel...

Longue descente dans la vallée du rio del canal Roya dans une large vallée (pour les Pyrénées !) où paissent des centaines de vaches.

Au fond, le pic d’Aspe, sentinelle du lac d’Estaëns et du refuge d’Arlet.
I’m a poor lonesome cowboy, I’ve a long long way from home

Poor cow-boy... faut voir ! Le gentleman farmer sur le dos de "Pepsi" la mule s’en va voir dans les estives si ses 400 vaches se portent bien. Des vaches qui arrivent direct de Bayonne pour venir s’engraisser l’été dans les estives espagnoles... Pour sûr, si notre cow-boy implantait une ferme des 1000 vaches à Bayonne, "Pepsi" serait allègrement remplacée par un coupé Mercédes !

Candanchu

Peu après l’embalse de Canal Roya, un joli sentier balisé jaune et blanc mène à Candanchu en évitant l’ancienne route qu’emprunte le GR 11. Candanchu, station hivernale qui, comme toutes les stations de sport d’hiver, ressemble à une ville fantôme l’été.

L’occasion de boire une bière avant de repartir pour Astun
Astun

Il en est de même pour Astun où le seul télésiège en action amène les touristes au lac de las Truchas, 400m plus haut.

Pour l’heure, point de télésiège pour nous... il nous faut pourtant prendre de l’altitude pour trouver un endroit où bivouaquer.

Ce sera chose faite vers 1800m, avec eau courante et salle de bain on ne peut plus naturelles.
Et même du réseau...

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J7. Jeudi 7 août. Astun / Lac Gentau

Comme chaque matin il faut démonter et tout ranger dans le sac à dos.

Allez debout... Le café est prêt...
Et dire que tout ça...
... rentre là dedans !
Le lac de las Negras. Un bel endroit pour bivouaquer.
Au col des Moines nous revenons en France
Rencontre
Nous avons retrouvé le mustang de Sitting Bull !
Et, tant qu’on y est, on va dire que c’est des bisons !
Lac Berceau puis descente en direction du lac Gentau (Ayous)
Sur la "plage" du lac Gentau...
JP veille.
Baignades
et bivouac.
Des objets étranges flottent sur le Gentau ainsi que sur les lacs alentour :
Explication.
Le desman des Pyrénées n’est pas venu nous chatouiller les pieds pendant notre baignade...
Lionel prend des notes pour le "journal".
Brume sous l’Ossau.
Préparer le repas avant d’aller au "lit". Demain nous serons normalement rentrer dans le Gers.
Je ne compte plus le nombre de fois où jai marché sur les berges du lac Gentau. Et combien de fois j’y ai dormi ? Je m’y suis baigné ?

++++

J8. Vendredi 8 août. Ayous / Etsaut par le chemin de la mâture

À 4h du matin le tonnerre et les éclairs nous a fait craindre le pire pour ce dernier jour : démonter sous la flotte ! L’orage est resté cantonné du côté de Pombie ou d’Arrémoulit. Pas une goutte de pluie n’est venue déperler sur la toile.

Le vé du soleil sur le lac Gentau.
L’ossau nous salue.
A la prochaine...
En route pour Etsaut où Sabine nous récupère à 17h. Et, comme d’habe, la descente promet d’être longuette.
C’est marrant, cette manie des descentes d’être longues...
En l’occurrence, une fois franchi le col d’Ayous, 1600m de dénivelée négative nous attendent. Gaffe aux genoux !

La magie des Pyrénées... sitôt franchi le col d’Ayous se dévoilent au loin le Visaurin, le Castillo de Acher, la table des 3 rois, le pic du même nom, le pic d’Anie. Un autre monde. Autant de pics qui déclenchent instantanément des souvenirs de balade en bonne compagnie.

La photo n’est pas très explicite mais nos yeux ont vu, ce jour là, les promesses de cette chaîne pyrénéenne qui s’enfuit vers le Pays Basque.

Des crêtes déjà parcourues autrefois et qui mériteraient d’y revenir.
La belle vallée qui débouche sur le plateau de la Baigt de Saint-Cours
La cabane de la Baigt de Saint-Cours (excellent état)
Le chemin de la mâture IMG_6267-jlg1
Enfin, "respectez la nature"

Nous arrivons juste à temps à Etsaut où nous apprenons qu’un violent orage avec grêle est annoncé pour la fin d’après-midi. Nous le prendrons de plein fouet lors de notre retour en voiture dans le Gers.

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