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El Cami dels Bons Homes - GR107 Espagne
jeudi 13 juillet 2023, par
Jeudi 13 juillet 2023 je prends un train de Toulouse pour Porté-Puymorens en Ariège. Mon intention est de randonnée en "autonomie" sur la partie espagnole du GR107 de Porta à Berga car je connais trop bien la partie française. Je me donne 6 jours.
Je vois ça comme une remise en forme.
++++
Jour 1
En train, depuis Ax-les-Thermes la météo s’est améliorée. Le ciel s’est découvert.
J’arrive à la gare de Porté-Puymorens vers 13h. Aucun panneau n’indique la direction du GR107, et plus particulièrement de Porta. Des randonneurs m’indique une direction. Je m’aperçois qu’elle mène à Porté et non à Porta. La gare est entre les deux. Je fais demi-tour. À côté de Porta je décide de me restaurer avant d’attaquer la longue montée qui mène à la Portella Blanca (2512m) col frontière entre l’Espagne, l’Andorre et la France.
Il fait chaud, normalement je dois avoir la météo avec moi sur ces 6 jours cotés espagnol mais pour l’instant il me reste 9 km pour atteindre le col. Cela fait plusieurs mois que je n’ai pas marché en montagne. Avec un sac qui doit faire au départ dans les 10 kilos (dont 6 jours de vivre et un demi litre d’eau)... le dénivelé se fait sentir.
Le paysage est magnifique. Que la montagne est belle.
Je croise 77 gamins éparpillés sur plusieurs centaines de mètres qui redescendent après avoir bivouaqué en Andorre. Ils sont de Marseille, ils me demandent tous s’il leur reste beaucoup pour atteindre Porté. Un bus doit les récupérer.
Ils sont encadrés par deux ou trois jeunes adultes qui ferment la marche. Cela me semble bien peu pour assurer la sécurité du groupe. Ils sont très mal équipés pour camper. Du lourd...
Je m’arrête au bord d’un petit torrent pour faire de l’eau avec ma gourde filtrante. C’est bien pratique pour ne pas se charger. Il y a pas mal de cours d’eau.
Je prends mon temps. Je pars avec deux questions en tête : l’eau et les moustiques. D’après mes infos il n’y aura pas de problème.
Le ciel se dégage de plus en plus. Je sens la fatigue. Je croque de la pâte d’amande.
Je décide de bivouaquer avant le col de la Portella Blanca qui est à 2515m d’altitude. Sur cette face "Est" le soleil arrive plus tôt le matin. Ce col est le point le plus haut de tout mon parcours. Le reste ne dépasse pas les 2000m. C’est de la moyenne montagne mais avec du dénivelé tout de même. Avec beaucoup de forêts et d’arbres majestueux le long des sentiers.
Ce qui va me gêner pour la prise des photos.
Il me reste 50 mètres de dénivelé pour atteindre le col. Du plat, de l’herbe tendre, des petits torrents, de l’eau, l’endroit me semble propice pour bivouaquer.
Mon "abri" se met en place assez rapidement : c’est un tipi rectangulaire qui se monte avec un bâton de marche et 10 sardines. Mon tapis de sol est fabriqué avec du film de survitrage de chez Leroy Merlin que je fixe avec des élastiques aux sardines des 4 coins. C’est solide et léger. Le tout fait environ 800gr. Seul, je suis à l’aise, à deux c’est un peu serré.
L’année dernière j’ai pris trois orages violents la même nuit au pied du Balaïtous à 2500m environ. L’abri n’a pas bronché.
Je mange un peu de fromage, du jambon de pays, une soupe allongée de pâtes alsaciennes aux œufs frais et des fruits secs.
La première nuit pour moi est importante car c’est à ce moment là que mon corps s’habitue à l’altitude.
J’ai emporté un livre : "La Rivière" de Peter Heller. Un roman d’aventure, un pollar, qui se déroule en pleine nature sauvage. Cela colle bien à ma rando. La nuit tombe. Demain est une longue journée. Je désire camper demain soir après Bellver de Cerdanya. Une trentaine de kilomètres environ.... On verra demain.
Il fait nuit. Je m’éclaire avec la frontale. Je l’éteins et aussitôt j’entends un lourd animal courir dans ma direction en beuglant, meuglant férocement.
Il s’arrête à trois mètres de moi en soufflant bruyamment, je devine un taureau énervé, je suis inquiet. Je regrette d’avoir uriné à proximité. Faut pas qu’il "s’amuse avec mon abri".
Une course lourde de "clochettes" arrive également dans ma direction. Le taureau s’excite, beugle fortement. Apparemment, il en a après les porteurs de clochettes. Il souffle de plus en plus fort. Je commence à avoir peur. Face à un tel animal mon abri est un peu léger. Les clochettes s’éloignent au galop.A deux, trois mètres, le taureau souffle vivement. Je rallume ma frontale et je lui parle doucement, dans un mélange d’espagnol et de français : "mon ami le taureau ? Que t’arrive-t-il ? Ne craint rien je suis là... Mon pauvre petit taureau."
Il se calme et s’éloigne. Je souffle à mon tour et je m’endors.
Pas de moustique et le ciel est étoilé. La nuit est très fraiche.
À l’abri de mon duvet, j’aime ça.
++++
Jour 2
Vendredi 14 juillet. Je me réveille vers 6h. Le taureau et les chevaux avec qui il s’est pris la tête sont plus bas. Il fait frais, j’ai bien fait de prendre ma doudoune en duvet. J’avais hésité. Je prépare un café pendant que je démonte et range mon sac. Je grignote des fruits secs. Il y a eu beaucoup de rosée. La toile est trempée. Je la ferais sécher à la pause de midi. Je fais de l’eau (1/2l) et je monte.
J’arrive de là en bas sur cette image.
La Portella Blanca, 2515m. Je donne ma position à ma compagne. J’aperçois un isard qui m’observe. Je suis en forme. J’ai bien "digéré" cette longue montée depuis Porta.
J’entre en Espagne et là c’est une dizaine d’isards que je dérange. Quelques marmottes signalent ma présence.
L’Espagne...
Je descends en suivant cette vallée.
Beaucoup de vaches sur les deux versants. Je commence à avoir chaud.
J’arrive de là-bas au fond.
Une source et l’endroit idéal pour un petit encas.
Une cabane (un peu moins de 2060m), du moins ce qu’il en reste. Son toit est béant. Elle est située à quelques centaines de mètres de la cabana dels Espavers (2060m), de laquelle j’étais passé pas loin sans l’apercevoir car je cherchais une passerelle pour traverser un torrent.
A proximité de cette cabane. Quelques piécettes sont aux pieds de la statuette.
Un très grand espace pour bivouaquer habité par vaches, veaux et... taureau.
Je poursuis mon sentier, le GR107.
Castell de la Llosa
Je continue, direction Bellver de Cerdanya. Mais avant je trouve un coin à l’ombre pour casser la croute (chips écrasées à la cuillère, fromage, jambons, wasa, fruits sec et une pâte de fruit).
Je poursuis ma descente.
Du plat et du réseau. J’en profite pour faire un selfie.
Du plat, de la descente douce, des sentiers étroits où je croise des cavalier-es allemand-es, puis cela s’élargit. Pas de visibilité donc pas de photo. Puis de la route (sous la chaleur) jusqu’à Bellver de Cerdanya où j’arrive trop tôt pour boire une boisson fraiche ou acheter un gâteau (16h30 pourtant).
À la sortie de cette petite ville, je fais le plein d’eau à une fontaine. Je remplis ma gourde souple de 2l, ma petite bouteille d’1/2l et une partie de ma gourde filtrante (cuisine, petit dèj, "vaisselle", je bois beaucoup la nuit...)
Chargé comme une mule, je poursuis sur une route mon GR en espérant trouver un endroit pour bivouaquer cette nuit de 14 juillet...
Enfin, 2km plus loin je tombe sur une petite chapelle du XII ème siècle dédiée à Sant Serni de Coborriu. Il y a sa tombe.
Un bel endroit pour bivouaquer, avec un voisin pas très bruyant. Un muret me protège du vent.
Quelques vététistes passent sur la petite route qui le longe.
Un homme arrive en 4x4. Il vient faire visiter cette chapelle à sa vieille mère.
Il commence à faire frais, le soleil s’est couché. On est tout de même à un peu plus de 1000m d’altitude. Je ne suis descendu que de 1500m depuis la Portella Blanca.
Au menu : fromage, saucisson, une soupe "forestière" de chez Knorr, j’y ajoute des flocons de pommes de terre bio...
Je lis un peu avant de m’endormir.
++++
Jour 3
Samedi 15 juillet 7 heures du mat. J’ai super bien dormi. Je n’avais pas fermé les "portes" de mon abri pour m’endormir sous les étoiles. Pas de rosée ou si peu. J’ai été protégé par Sant Serni...
Je range en buvant mon café et en grignotant quelques fruits secs. Il me reste 1/2l d’eau. Cela devrait passer.
Prochaine étape Bagà. Une vingtaine de km d’après mes photocopies du topo guide. Mais je me méfie car les topos ont parfois les kms très élastiques.
Bagà et une douche chaude dans un camping, un peu de lessive et une super salade accompagnée d’une bière ? Bon, en attendant il faut que j’atteigne le "Prat de la Trapa" , que je prenne un jus de fruit au refuge de Cortals de l’Ingla, puis que je passe le Coll de Pendis (1781m) avant de....
Holla la bella vacha...
Freda... Non ce n’est pas le nom de la vache mais celui de cette source : "font Freda"...
Moi aussi j’avais soif et je n’avais plus d’eau après ces 600m de dénivelé. Je bois et je remplis ma petite bouteille d’1/2l. L’eau, c’est sacrée.
Il y a du monde à la source, la source de la vie...
J’étais tout en bas.
Refuge de Cortals de l’Ingla (1600m). Je prends un jus de fruit. Les deux chiens du refuge m’adoptent.
Avant de repartir je demande où je peux remplir ma bouteille. Ils n’ont que de l’eau minérale qu’ils donnent.
Il n’y a plus d’eau potable ici.
Et sur le GR107 je peux en trouver ?
Non tout est à sec.
Je leur laisse l’eau minérale. Il me reste l’eau de Freda. On verra bien.
Je repars. Au bout d’une centaine de mètres j’entends un sifflet et un appel. Je me retourne croyant avoir oublié quelques choses.
Non, ce sont les deux chiens qui ont décidé de m’accompagner et qui me suivent à quelques mètres l’air heureux.
De l’eau, j’en trouve rapidement. Un ruisseau très clair. Je refais de l’eau avec ma gourde filtrante.
Coll de Pendis (1781m). Le paradis des vaches...
Je note qu’il y a un sentier balisé qui mène directement à Gosol d’ici (19,2km par le GR 150.1 et le PR-C 124).
C’est mon étape suivante. C’est bien tentant.
Je descend en direction du refuge de St Jordi. Il n’est plus très loin et il est déjà 13h.
Le refuge de St Jordi devrait s’appeler "le refuge de St Cervesa". Je prends un jus de fruit. Les randonneurs arrivent nombreux, boivent des pressions, mangent. La bière a du succès. Avec cette chaleur...
Je mange ce que je porte : cochonnaille, viande séchée, salée ou pas, fromage à pâte dure, chips écrasées, fruits secs, wasa... Cela allège mon sac. Et ce soir à Bagà : salade !!!! et douche chaude !!!
Je prends un café et je repars.
Il n’y a que de l’eau minérale au refuge mais une source coule à proximité. Juste en dessous.
A partir du refuge de Sant Cervesa je suis le balisage du GR107 pour descendre sur Bagà. Plus tard je vais me rendre compte qu’il ne faut surtout pas suivre le topo mais prendre le sentier qui est de l’autre coté, l’autre versant sur cette photo. Sous le refuge il faut prendre le sentier qui descend à droite du torrent de Pendis. Celui entre la source et le torrent. Il est beaucoup plus sympa pour aller sur Bagà. Moins de route !
Le paysage est sympa mais de l’autre coté, sur l’autre sentier, il y a une cascade où les gens se "baignent", un paysage aussi magnifique...
Là je vais avoir encore un col taillé très raide à passer, puis quelques kilomètres de pistes à descendre puis une route interminable, sans trottoir, sous la chaleur, jusqu’à Bagà.
Je viens de passer le Coll d’Escriu (1504m). Il fait très chaud et la montée a été longue et raide.
A partir de là c’est la descente le long d’une piste, puis route interminable jusqu’à Bagà sous la chaleur. J’arrive à la ville, je cherche le camping Bastareni. Manque de chance il est complet. La gérante (?) refuse que je m’y installe. J’insiste... C’est non et il n’y a pas d’autre camping sur la ville.
Un homme me propose de m’amener à un autre camping à quelques km : "il est sur le GR107".
Ok. Je suis fatigué et las. J’accepte.
En fait le camping en question est à 9km : le camping "El Bergueda", 35€ l’emplacement...
A ce prix je refuse les deux proposés, merdiques, et je m’installe là où j’ai envie.
Pas de GR107 dans le coin. Pas de restaurant non plus. Juste un bar. Tant pis. J’ai de quoi me nourrir. Demain est un autre jour.
Je prends une bière et je raconte m’a mésaventure au personnel d’accueil du camping. Une jeune française sympa travaille là. C’est plus facile pour communiquer.
Mon tipi est monté, une douche, un peu de lessive, la flemme de cuisiner, je prends dans mes "réserves" de quoi pique-niquer, je m’installe au bar du camping et je commande une deuxième bière.
Alors que je réfléchis à l’éventualité de faire du stop le lendemain la jeune femme de l’accueil vient me voir. Elle a retrouvé un chemin qui part de Gardiola de Bergueda et mène à Gosol, un sentier balisé : "El camino de Picasso"... Il passe à 600m environ au nord du camping.
https://femturisme.cat/fr/itineraires/le-chemin-de-picasso-de-bergueda-a-la-cerdagne
Je trouve le tracé gpx du sentier que je charge sur mon smartphone. Avant de partir sur le GR 107 j’avais installé toute les cartes IGN qui recouvraient mon parcours. Le tracé me semble bizarre, un peu décalé par rapport au sentiers possibles sur la carte. C’est possible que je puisse rejoindre le GR107 à L’Espà.
++++
Jour 4
Dimanche 16 juillet. Je démonte tôt, reprends une douche... Je déjeune au bar du camping. J’avais commandé deux croissants. Café, jus de fruit...
Je prends le temps.
J’ai emporté trop de coquillettes alsaciennes. J’en laisse deux rations de 100gr à la jeune femme de l’accueil pour les donner à qui peut en avoir besoin. Elle en a besoin et les prends pour elle.
Enfin après avoir jeté mon petit sac de poubelles dans un container je pars à la recherche de Picasso, en tout cas de son "camino".
La météo est incertaine. Va-t-elle me lâcher ?
Je retrouve le camino en question au nord du camping. Hier soir j’avais trouvé plusieurs sites allemand à propos de ce sentier. J’ai l’impression que c’est un ou des Allemands qui sont à l’origine de son balisage.
Il va jouer à cache cache avec moi et ralentir ma progression jusqu’à ce que je retrouve le Camino des Bonshommes aux environ de l’Espà vers 19h30...
Le sentier m’a perdu sur une route importante qui mène à Soldes et que je longe comme je peux. Le ciel s’est découvert. Il fait très chaud. J’arrive sur le camping restaurant Susen. Je craque. J’ai envie d’une grosse salade. Cela tombe bien il est midi. Je me pose.
Après avoir fini ma salade, mes côtelettes d’agneaux accompagnées de frittes maison, bu un litre de "Vichy Catalan" et rempli ma petite bouteille d’eau fraîche, je reprends ma route ragaillardi. C’était mon premier vrai repas depuis mercredi.
Je retrouve mon camino 2 km plus loin et je vais essayer de ne plus le lâcher même si cela ne sera pas toujours facile car il est mal balisé.
Ce n’est pas le chemin de St Jacques, même s’il en a le profil (le chemin) mais celui de St Pablo...
Au loin j’aperçois le massif de Pedraforca qui domine la petite ville de Saldes avec ses 2500m d’altitude.
Le massif me dit que c’est la bonne direction. Pistes de terre, sentiers et petites routes m’y mènent.
Ma fleur fétiche que je retrouve beaucoup dans les Pyrénées en altitude traine aussi par là pour m’encourager.
A l’entrée de Saldes je bois un Vichy Catalan au bar de la piscine. Puis je poursuis mon camino qui va pratiquement suivre un long moment par en haut puis par en bas la B-400, route qui relie Saldes à Gosol (10km), et qui contourne par le sud le massif...
Je ne ferais plus de photo jusqu’à retrouver mon GR107.
A Fener je lâche Picasso pour les Bonshommes.
A 2 ou 3 cents mètres je devrais retrouver mon GR107.
Je suis très fatigué. Je bivouaque à coté d’un torrent qui gronde de rapidité. Je fais de l’eau, je monte mon abri (1200m d’altitude). Plus haut il y a des colos. Je les entends, ils sont bruyants. Je cuisine une soupe chinoise de chez Knorr allongée de petites pâtes aux œufs frais... Saucisson, fromage qui bientôt va pouvoir se déplacer tout seul.
Il fait frais et humide. Je m’allonge sur le matelas gonflable à l’abri dans le tipi, sous le duvet ouvert posé sur moi, et je poursuis la lecture de "La Rivière".
Les deux jeunes en pirogue poursuivis par le feu qui ravage la forêt canadienne vont-ils en échapper, retrouver la femme que le mari violent a abandonnée à moitié morte sur une rive, le grizzli, les embuscades du mari, les chutes d’eau, les voleurs alcooliques, la faim, la soif,...
Depuis mon départ pour éviter crampes et courbatures je prends des granules homéopathiques.
Demain cela devrait être une longue et belle journée. Si tout va bien je dormirai à Berga.
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Jour 5
Lundi 17 juillet. Beaucoup de rosée. L’air a été chargé d’humidité cette nuit.
J’ai bivouaqué trop près du torrent agité (Aigua de Valls). A certains endroit mon duvet est humide en surface. Je ferrai sécher plus tard au soleil. Je fais mon sac, déjeune rapidement et direction le Coll del Portet (1828m). 600m de dénivelé et cela démarre tout de suite
A peine plus haut, les tentes des colos de vacances sont encore endormies.
Des merdes accompagnées de papiers hygiéniques minent la piste.
Qu’est-ce qu’ils apprennent dans ces colos ?
L’eau c’est la vie.
Enfin j’atteint le Coll del Portet (1828m). Quelle vue !!! Le sentier poursuit vers l’Est. Le passage du col ne veut pas dire qu’il va redescendre après...
Là cela continue de monter.
2007m d’altitude. Le paysage est splendide. Je fais une pause goûter pâte de fruits.
Le petit APN ne sait plus où donner de la tête.
Les falaises me rappellent d’autres lieux.
Une légère brume dans l’air...
Le Roca de Suquer (1639m) là-bas presque au centre.
Mes vaches de tout à l’heure au fond sur la prairie.
Je poursuis mon sentier.
Enfin cela descend... C’est raide parfois avec des cailloux "roulement à bille". Je me stabilise avec mes bâtons. Attention à ne pas tomber.
Le sentier ne descend plus.
Une heure après mes falaises. Les ruisseaux rencontrés sont pratiquement à sec. J’ai soif.
Au loin le roc de Peguera (1700m).
Il domine le village de même nom.
On peut rêver d’une salade... Mais le village de Peguera est abandonné depuis plusieurs dizaines d’années... Ici loin de tout, à coté du petit cimetière je rencontre quelques personnes, une jeune femme avec son bébé et sa mère. "Une région minière. C’est un des premiers villages bombardé par le franquisme."
La jeune femme et sa mère me propose de m’emmener en voiture à Berga. C’est gentil mais je vais poursuivre mon camino.
Il est 13h30, j’ai faim et soif.
300m plus loin, je tombe sur un lavoir alimenté par une source : font de Cal Coix. Génial.
L’eau est fraiche. Je fais sécher abri et duvet sur des branches au soleil. Je déjeune et fais le plein d’eau. J’en profite pour me débarrasser d’un fromage qui avait envie de se dégourdir la pâte dans un buisson. Je reste dans la fraicheur du lavoir une bonne heure. Je résiste à la tentation de m’y plonger. Je me verse seulement des casquettes d’eau sur la tête. Bien m’en a pris : un gros 4x4 se gare devant et deux molosses viennent y remplir leur gourde.
C’est reparti... Si je veux être à Berga ce soir...
Fleurs dans un mur à la sortie d’un tunnel...
15 heures, j’ai repris de l’altitude. Je suis un sentier boisé à flanc de falaise. A cause de ma lecture nocturne j’imagine qu’en cas d’incendie je suis obligé de suivre le sentier ou de faire demi tour.
Santuari de Queralt, l’arrivée du GR107 à 2,1km...
Cela va me sembler beaucoup plus long.
Santuari de Corbera (1400m ?).
Beaucoup de source dans le coin.
A partir de ce pré j’entame une descente.
De la descente puis une montée interminable sur des escaliers.
Le christianisme aime les escaliers.
18 heures... Enfin j’arrive au sanctuaire de Queralt (1200m), l’aboutissement de mes pérégrinations depuis mon départ de la gare de Porté-Puymorens le 13 juillet.
Sur le sanctuaire je croise beaucoup plus d’amateurs et amatrices de trail que de "bons homes". Une boucle d’une dizaine de km relie Berga (700m) au sanctuaire (1200m).
Un coureur suit son chien qui est venu me voir. On discute un moment. Je me renseigne sur le camping. Il est à 3 km de Berga et il ne sais pas si on peut y camper. Très vite je me dis que j’ai bien mérité un hôtel pour cette nuit. L’idée fait son chemin. Le moins cher possible. Y manger aussi...
Il ne me reste plus beaucoup de batterie sur mon smartphone. J’appelle ma compagne. Elle me réservera une chambre.
Il faut encore que je descende toutes les marches jusqu’à Berga tout en bas...
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Jour 6
Le lendemain matin je prends un bus pour Puycerda. Puis je rejoins la gare de Latour de Carol à pieds (5 à 6km).
De cette gare le train Jaune vous mène à Vernet les Bains.
https://letrainjaune.fr/
Moi je vais à Toulouse.
Une grosse salade variée et un vichy catalan au Bistrot de la gare de Latour de Carol.
Beaucoup de client-es sont arrivé-es avec le train Jaune.
Encore une heure d’attente. Je finis "La Rivière".
Si tout va bien ce soir je suis à la maison, au sud-ouest du Gers...
KINOKS




























































































