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Un p’tit tour des Pérics

mardi 20 août 2019, par JLG

Mardi 13 aout 2019, gréve chez les cheminots pour ce train de Toulouse en direction de la gare d’Andorre - L’Hospitalet. Je soutiens les grèves donc... Un bus part jusqu’à Ax puis le même bus repart pour l’Hospitalet. Je n’aurais que 2 heures de retard sur ce que j’avais prévu : départ pour le tour des Pérics. Mais un tour réduit car je n’ai que 3 jours et demi pour le parcourir. Annie (accompagnatrice en montagne et connaissant bien cette région) m’a conseillé d’éviter les Bouillouses trop touristique et de raccourcir par l’étang Blau et la portella Gran...

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Jour 1

L’Hospitalet. Le plafond est bas. Je démarre avec deux compagnons du bus qui fréquentent le site des M.U.L. ( https://www.randonner-leger.org/ ). Nous échangeons sur la légèreté. Ils vont sur l’Andorre. Je grignote en montant framboises sauvages et myrtilles.

Je monte avec une visibilité réduite. Cela commence bien.

D’accord. On enterre, on brûle ou on emmène avec ses autres déchets.

Aconit.

Étang des Bésines dans la brume.

Une des deux cabanes des Bésines : celle de la prairie au-dessus de l’étang.

Refuge des Bésines. 15 heures environ. Enfin le soleil. Je fais provision d’eau. Ayant un petit filtre à eau, je ne porte pas plus qu’un demi-litre d’eau.
Je rencontre un couple de randonneurs. Je leur explique pourquoi j’ai emmené avec moi le dernier Erri de Luca "Le tour de l’oie". Ils connaissent l’auteur et ils aiment. Je dis qu’il m’accompagne sur ma rando.
Et puis Erri de Luca aime la montagne.

Je prend le sentier détour par l’étang Moulsut. Ce n’est pas le plus court mais c’est le plus "sauvage". Jasse des Besineilles.

Étangs Moutsut.

Je monte en direction des crêtes et de la portella de Lonas.

Je rencontre un autre petit étang sans nom. J’hésite à bivouaquer là mais les nuages semblent remonter pour bientôt recouvrir ces prairies.

Sur les crêtes à 2500m vers la portella de Lanos. En bas l’étang de Lanoux. J’avance sur la crête en direction de la coma d’Anyell.

L’Ariège et l’Andorre dans la brume.

Pyrénées orientales, étang de Lanoux. Je vais dans cette direction.
Il se fait tard, je vais chercher un endroit pour bivouaquer, plat et avec de l’eau.

Ariège et Andorre...

Le col : coume d’Aniel, coma d’Anyell... Ma descente par les crêtes me mène là. Il y a du réseau. Je donne ma position à ma compagne. Plus de 1000 m de dénivelé dans les jambes, mais ça va.
Le sac bleu contient du sel, me dira un jeune berger un peu plus tard.

Je passe la bifurcation directions "d’en Beys ou Bouillouses"... Le Carlit est droit devant.
Au-dessus, sur ma gauche, là-haut, un jeune berger rassemble des brebis en lançant de brefs ordres à un chien qui semble super efficace. Un autre reste prêt de lui.

Je descends un peu en direction de l’étang de Lanoux et je trouve un endroit plane, herbeux et avec de l’eau : bon pour y bivouaquer. Il y a du vent.

Je plante en premier ma tente "abri" (Six Moon Designs Lunar Duo). Elle a une simple paroie, une moustiquaire et un sol. Une tente légère et spacieuse pour deux personnes (1,6kg). Puis je "fais" de l’eau avec ma gourde filtrante et j’installe mon campement.
Le jeune berger descend me voir. Il a le même duvet que moi (un cumulus). Il est intéressé par mon abri. Enfin, avant de remonter, il propose de me laisser le reste d’eau de source de sa gourde. C’est sympa. La source est près de sa cabane par là-haut.
Je prépare mon repas puis je m’allonge dans mon duvet. 12°C vers 21h. Je m’endors en lisant Erri de Luca.

++++

Jour 2

7°C dans la tente quand je me réveille vers 6 heures du matin. Je m’habille, je plie et range matelas gonflable et duvet. Je sors préparer mon café et je déjeune. Je range mon sac pendant que la toile sèche sous la chaleur du soleil.
Tente rangée, je repars direction les Bouillouses.

Étang de Lanoux.

Le Carlit au fond ?

Hier j’étais sur les crêtes en face.

Portella de la Grave.

Non, ce n’est pas moi... Je n’y suis pour rien...

L’Estanyol en bas. Puis le sentier (GR10) suit le rec de la Grava jusqu’aux Bouillouses.

Au nord des Bouillouses, au niveau de la passerelle je quitte le sentier qui part au refuge de Camporells pour filer sur un sentier montant cairné direction nord nord ouest. Il mène d’abord à l’estany de l’Esparver.

J’étais descendu par cette vallée (Coma de la Grava).

Estany de l’Esparver.

Les sapins ont l’air d’avoir brulé...

Je repars après une pause en direction de l’estany Blau.
Quelques cairns et parfois une marque bleu m’indique le sentier à suivre.

Le sentier suit la Llosa.

Je rencontre des promeneurs qui m’affirment qu’ils connaissent les lieux. Pour eux on ne peut descendre le col pour atteindre la réserve d’Orlu que par une cheminée dangereuse. Annie m’avait dit que la descente était "cool". Je verrais bien là-haut. Sinon, je passerai par les Camporells.
Mais je pense que je peux faire confiance à Annie.
Elle me laisse un message plus tard :
"...😏...Toujours difficile de conseiller quelqu’un sur un itinéraire...Voilà "quelques..." années que nous ne nous étions pas croisés...Et jamais dans ces Pyrénées !.. Des lieux que j’aime bien évidemment !...Je pensai que tu passerai la Porteilla gran plus tôt...En sortie plus cool ce jeudi, j’ai vu que ça rentrait fort à midi...... Serré les fesses en imaginant où tu pouvais être le soir...À ta lecture, fini en slibar"

La vue en arrière.

On aperçoit le lac des Bouillouses

Estany Baix.

Estany de la Llosa ... ? Il y a du réseau à proximité. Je vais pouvoir joindre Sabine, ma compagne, prendre des nouvelles et lui donner ma position. Je décide de bivouaquer par là. Je cherche un endroit au soleil tôt demain matin (un critère important pour moi).

On aperçoit les Bouillouses. Le réseau passe ici.

Il y a de fortes rafales de vent nord-ouest. "Une bise NO des familles est prévue" me répond Annie lorsque je lui donne par SMS ma position. "Les quatre pattes vont sortir..." rajoute-t’elle... (Cerfs, loups ?)

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Jour 3

Jeudi 15 aout. Il a gelé pendant la nuit. Il fait bon ce matin. J’en profite pour faire une toilette et laver quelques affaires.
Une jeune femme parti tôt de Mont-Louis (? ) passe alors que je finis de prendre mon café et que je plie mon abri sec.
C’est dimanche me dit-elle. Je ne travaille pas et j’en profite pour monter à l’étang bleu. Un de mes coins préférés.
On n’est pas dimanche ? Ah oui, on est le 15 aout...
Je vais manger là-haut.

À tout à l’heure...

Estany Blau. Vers la droite sur la photo en regardant bien on voit le sentier qui mène au col.

L’étang Blau avec au fond les Bouillouses.
Je monte vers le col. La jeune femme, croisée plus tôt, qui déjeune en face sur la berge me lance "c’est plus bas" !!!
Je la remercie, je redescends, je récupère un semblant de sentier et je repars pour plus haut.
La trace dans la terre et les gravillons se devine.

Au col : la portella Gran. Deux météos. Après l’été des Pyrénées orientales il va falloir que je plonge à travers le brouillard automnale ariégeois pour rejoindre le refuge d’en Beys.
Pas de cheminée à désescalader. La voie semble facile.

Je descends de là-haut.

Et je plonge là-dedans.

Il y a des habitants et habitantes étonnées de me voir là.

On le voit bien le troupeau me suit dans ma descente alors que je ne lui ai rien demandé. Au contraire.

"C’est qui toi ?"

Sur ma droite le "pic de l’homme mort" : tout un programme...
Une gentiane ?

Une marque ?

Cabane de la Jasse de Delà ?

Arnica.

J’arrive enfin au refuge d’en Beys.
Ses gardiens sont sympa : ils n’obligent pas la consommation pour pouvoir manger au sec dans la salle commune. Cela devient rare. Le brouillard s’infiltre partout. Je suis "mouillé".
Je mange mes provisions, je prends un café puis une bière à consommer sur mon prochain bivouac.
Un des gardiens me lance lorsque je repars : "monsieur, faites attention à vous !" Je lui réponds : "oui, je tiens encore à moi".
Je repars avec ma cape de pluie rouge fluo sur le dos.
Il est 15 heures. Où vais-je camper ce soir ? Au même endroit que la première nuit ?

Dans la montée un couple de d’jeunes me conseille de retourner au refuge : Monsieur, c’est loin où vous allez... Et le brouillard. Je leur répond que étant en autonomie totale je peux m’arrêter n’importe où contrairement à eux.
Étang Faury dans le brouillard, toujours la brume.

Les brebis et moutons aux couleurs du berger de ma première nuit m’accueillent avant la sortie de cette partie minérale. J’approche de la coma d’Anyell ?

Je rejoins la bifurcation pour les Bouillouses avant la coma d’Anyell. Je redescend un peu pour bivouaquer au même endroit que le premier soir.
Il vente, il fait froid, je suis mouillée.
Je monte la tente en slip pour éviter d’être complètement trempé. Puis je rentre fatigué dans mon abri. Je me sèche et je me réchauffe sous le duvet.
Ce soir je vais manger froid.
Puis un peu de lecture, la compagnie d’Erri de Luca et un morceau de chocolat.
Le vent souffle.
Il gèlera dehors durant la nuit. 4°C dans la tente à 7heures du matin.

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Jour 4

Vendredi matin. Le soleil s’est levé. Cela sera la journée la plus chaude de mes 4 jours sur ce tour des Pérics.
Je m’étale pour sécher toutes mes affaires avant de repartir.

J’étais là-haut hier soir et je dois y retourner pour atteindre la coma d’Anyell.

Champ et contre-champ. Étang de Lanoux en bas.
Le jeune berger descend la pente avec ses bêtes et me souhaite un bon retour à "la civilisation".

Coma d’Anyell, j’entame ma descente en direction de l’Hospitalet.
Il fait super chaud enfin.

Je croise Antoine ( 7ans) et sa maman Audrey. Ils ont passé la nuit à la cabane de Besines. Ils sont partis il y a 42 jours d’Hendaye pour aller à Banyuls en autonomie. En passant bien sûr, entre autres, par le sommet du Carlit et celui du Canigou.
"Oh Antoine il a déjà gravi le Canigou par sa cheminée à l’âge de trois ans."
Encore une douzaine de jours avant d’atteindre la Méditerranée.
La maman a déjà fait la HRP. Gravit deux fois le Carlit. Elle porte un casque pour son fils attaché au sac à dos :" le seul risque est les chutes de pierres."
Quel courage !!!
Bonne route Antoine et Audrey.
Bonne route Jean-Luc, me lance l’enfant en souriant.

Je me souviens : ici, j’ai bivouaqué il y a une douzaine d’année. Au petit matin en sortant de ma tente je me suis retrouvé nez à nez avec un isard. On a sursauté tout les deux.

Étang des Besines sans brouillard au loin.
En fait à partir de là je redescend le parcours de ma première journée sans brouillard et avec une météo estivale.
Je rattrape des randonneurs qui ont passé la nuit au refuge d’en Beys.

Refuge des Besines. Le luxe. Sauf qu’il me restait un meilleurs fromage (brebis) et un meilleurs jambon de pays.
Je mange un morceau là alors que j’avais ce qu’il fallait .
C’est comme ça. Pour effacer l’humidité et le froid de la veille sans doute ?

Mon sac à dos. Je "l’aime" (540gr vide) comme mon abri, mon duvet, mon matelas et le reste de mon équipement... Quand je vois des randonneurs portant des sacs de 20 kg alors qu’ils vont de refuge en refuge...

Une des cabanes de Besines sans brouillard cette fois ci.

Étang de Bésines Je craque et je vais m’y baigner longuement. L’eau est à 18°C.

Campanule ?

Et puis je rejoins l’Hospitalet après 3,5 jours de déambulation.

Portfolio

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