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Une boucle sur 4 jours passant par le Turon de Néouvielle

jeudi 15 août 2024, par JLG

Vendredi 9 août 2024, je me gare au-dessus de Barèges devant le restaurant Chez Louisette. Me voilà parti pour une randonnée de 4 jours en autonomie passant par le Refuge de la Glère, le Turon de Néouvielle, le lac Nère, le refuge Ayues Cluses...
J’ai donc prévu 3 bivouacs. Je ne sais pas encore où pour ce premier jour.

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Premier jour

Une longue piste pour chauffer les molets...

Deux heures plus tard, enfin le lac de la Glère (2100m). Je prévois de bivouaquer sur la "pelouse" en face demain soir (samedi 9), en redescendant du Turon.

Le lac, le Néouvielle et son Turon au fond vus de la terrasse du refuge de la Glère.

Refuge de la Glère, 2153m. Il y a un peu de réseau, je communique ma position à ma compagne. Je prends de l’eau, je grignote et je décide de poursuivre ma progression. J’aimerais repérer pour dimanche matin le sentier qui mène à la Hourquette de Mounicot. Et puis il faut que je trouve où bivouaquer ce soir.
Je vais le faire en mode tranquille.

Je redescends sur le lac et je prends le sentier en face du refuge.

Lac de Mounicot. Un sentier pour la Hourquette de même nom part d’ici sur la droite (direction Sud-Est). Je pique-nique par là.

Lac de la Mourèle. Un deuxième sentier pour la Hourquette rejoint le précédent. Il me semble plus direct et bien "cairné". Je passerai par là dimanche.

Lac det Mail, 2335m. Je repasserai par là demain matin pour récupérer, de l’autre côté de la crête que l’on voit à gauche, un des sentiers qui mènent au Turon de Néouvielle.

Lac det Mail, toujours... Au fond le Néouvielle.

Il fait chaud, je vagabonde un peu au hasard, je cherche un endroit tranquille pour bivouaquer. Je trouve une "pelouse" au Sud-Est du lac de La Manche. On m’a dit que le bivouac était toléré de ce côté du massif entre 19h et 9h du matin. 16 h 30, il est encore tôt. Mais j’ai envie de me poser.

Juste à côté une toile de tente recouvre et protège des affaires. Sûrement un groupe de personnes qui se sont allégées pour grimper sur le massif.

Je fais trempette pour me rafraîchir, je lis ("Sauvagines" de Gabrielle Filteau-Chiba), je me prépare un thé, je goûte, j’installe mon "tipi". Et je commence à m’inquiéter sur le sort de mes invisibles voisins.

Le soleil descend à l’horizon. La lumière se transforme.
J’arrive à communiquer ma position et des nouvelles par sms.

La montagne rougit. Le soleil se couche à l’horizon. Je m’inquiète pour les personnes que je ne connais pas et qui ne sont toujours pas "rentrées".

Mes voisins (un homme, sa fille et un ami) arrivent enfin, en trombe, et commencent à ranger et faire leurs sacs : matos d’escalade, affaire de bivouac... Ils ont eu un problème technique là-haut, ce qui explique l’heure tardive. Ils doivent rentrer absolument ce soir. Il fait sombre quand ils partent pour descendre 800m de dénivelé (le parking chez Louisette) à la frontale.
Je dine, le ciel se couvre d’étoiles, la nuit est sèche, je lis confortablement installé dans mon duvet, les "portes" de mon abri grandes ouvertes...
L’énergie déployée par mes "non-voisins" m’a communiqué de la force pour faire le Turon demain matin.

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Deuxième jour

Samedi 10 août, la nuit a été très sèche, aucune rosée. 6 heures du mat, je "saute" du lit. Je me fais chauffer un café et je range vite fait mon sac tout en mangeant pain d’épices, fruits secs...
Je dois redescendre et contourner le lac det Mail pour récupérer le sentier "officiel" qui mène au Turon de Néouvielle.
Je rencontre un couple de Barcelonais à peine plus âgé que moi et leur fils (41 ans). Leur sac par rapport au mien est léger. Nous marchons ensemble

On progresse sur cette ligne de crête à vue. J’ai la trace gpx récupérée sur le super site de Mariano. Un sacré boulot de pyrénéiste ce site.

Mon sac se fait de plus en plus lourd. J’ai pris plus d’eau que d’habitude. Je crains la fringale. Je grignote une pâte de fruit et des fruits secs. Je m’accroche.

Enfin, la progression devient plus "facile" sur cette portion de crête.

Alignement en dessous et plein nord des lacs Glacé, Bleu et Verts... On devine bien la ligne de crête suivie. Encore 180m de dénivelé...

Enfin le sommet, 3035m. L’espace est minérale.

Quel point de vue ! Pic Long et Lac Tourrat. Au fond, au centre, on aperçoit le Mont Perdu, à droite la Brèche de Roland, le Talion...

La même photo en zoomant un peu.

On devine le Vignemale et son glacier au fond...

On est un samedi, en plus c’est les vacances, il y a du monde sur le Turon.
Pic des Trois Conseillers et le Néouvielle.

J’arrive de là tout en bas... C’est vraiment très minérale. Le parc et la réserve du Néouvielle me font penser aux Encantats.

Plus personne devant le cairn du sommet. Je veux le prendre en photo quand une personne me propose de me placer devant. Pourquoi pas ?
On devine le Lac de Cap de Long en dessous.
Je suis en sueur.

Le Lac en question... Le ciel commence à se couvrir. Un orage est prévu pour 18h.
Il est à peine midi.

On redescend à peu près par la voie officielle.
Le fils va se faire l’arête des trois Conseillers (sans aucune assurance) avant de nous rattraper à proximité des lacs Verts.
La descente à certains moments n’est pas évidente.

La femme nous rejoint également.
Notre petit groupe se reforme.
Nous poursuivons notre descente.

15 heures, l’orage éclate sur le Néouvielle. Des gouttes nous accompagnent jusqu’au refuge de la Glère.

Refuge de la Glère. Ma récompense est un demi. "Une bière locale". Il goutte toujours. La terrasse est couverte de monde et cela continue d’affluer.
J’ai besoin de m’échapper pour retrouver de la tranquillité.
Je fais le plein d’eau, j’achète une canette de bière (alu) et je descends au bord du lac pour installer mon bivouac (2110m). Ce soir, du monde va vouloir camper sur ces berges.

Les gouttes ont abandonné.
Tipi installé, je bois ma bière en dégustant, chorizo, serrano, rosette, fromage de brebis ou de chèvre, fruits secs…
Les salades, les fruits frais me manquent. Je suis content de ma journée.
J’ai accompli le plus physique de mon itinéraire.
Je suis fatigué, mais heureux.
Je m’allonge sur le matelas gonflable et reprends ma lecture. Quelques courbatures légères.

L’ambiance devient plutôt camping autour. Les enfants courent et jouent.
La porte étant ouverte, je discute parfois avec des personnes qui rejoignent leur campement.
Je poursuis ma lecture à la frontale. Toujours ni moustique ni rosée. J’arrive à trouver le sommeil assez tard.

Demain deux cols à passer pour la direction du refuge d’Aygues-Cluses : la Hourquette de Mounicot (2547m) et le Col de Tracens (2463m) en passant par le lac Nère (2224m) où j’espère me baigner.
La météo annonce des orages à partir de 14 heures.

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Troisième jour

Dimanche, 6h30, je me lève, fais un café et mon sac. Encore une nuit sans rosée. C’est beaucoup mieux pour plier duvet, tente...
"Le camping" est silencieux. Ma petite bouteille d’un demi-litre d’eau est pleine. Je bois un litre en montagne la nuit. Des fois plus. Je marche avec un demi-litre d’eau, et j’ai une gourde pliable de 2 litres pour les bivouacs ou les progressions dans les endroits sans eau. (Et une gourde filtrante).

Au lac de la Mourelle (2310m) je récupère mon sentier pour la Hourquette de Mounicot (2547m).
Je trouve de l’eau assez facilement dans la montée. Je me sers de ma gourde filtrante pour boire le plus souvent. C’est aussi important que de grignoter de temps en temps.

Lac de la Mourèle et lac det Mail.

Hourquette de Mounicot, on aperçoit le lac Nère et le sentier qui mène à la Hourquette d’Aubert. Je l’ai emprunté avec Guy Molinier il y a moins d’un mois lors de notre rando de trois jours, une boucle à partir de Tournaboup. On se dirigeait vers le lac d’Aubert.

À proximité du sentier menant à la Hourquette d’Aubert, un groupe de 5 personnes examinent une carte IGN posée sur le sol. Ils hésitent. Je leur indique la direction du col.
L’un d’eux me lance : "c’est vous l’homme au tipi jaune ? Il est sympa et voyant..."

Arrivé à proximité du lac Nère, je décide de suivre sa berge Nord, de trouver un endroit sympa pour pique-niquer et me baigner.

Lac Nère, l’eau est bonne. Cela fait du bien à mon corps qui a emmagasiné trop de chaleur.
Un pic noir "siffle" pas très loin de moi. Je reconnais leur chant facilement, il y en a souvent dans mon "jardin".
Midi, je me rhabille tranquillement, je range fromage et coppa, déguste une pâte de fruit...
J’entends deux jeunes femmes appeler. Elles sont au milieu des rochers et cherchent leur chemin. Je les guide vers le sentier qui suit les berges. Elles vont au lac d’Orédon.

Après un long passage à travers des éboulis, je progresse enfin sur un sentier digne de ce nom.
Puis à 2325m je rejoins celui qui mène au col de Madamète.

Enfin je bifurque sur le col de Tracens.
Le lac Nère d’où je viens, et la Hourquette de Mounicot sur la crête au fond à gauche.

Col de Tracens (2463m), le contrechamp.
Les lacs de Madaméte (2299m).
Je ne savais pas à quoi m’attendre après ce col au vu de la carte IGN, mais je suis rassuré, le sentier est super bien tracé.
Si l’orage ne me tombe pas dessus avant, cela m’inspire pour une nouvelle baignade.

Je sens de plus en plus la baignade...

14 heures. Plouf... qu’elle est bonne !

17 heures... Après être passé faire de l’eau et me renseigner sur la météo au tout nouveau refuge d’Aygues-Cluses, je m’installe au-dessus du Lac de Coueyla Gran. Un randonneur du GR10 sympa plante sa tente à proximité.
On avait bivouaqué au même endroit avec Guy Molinier il y a moins d’un mois.
Le ciel se noircit de plus en plus. Cela tonne, le vent se lève, éclairs... je déplie mon sac de couchage sur mon matelas gonflable...
Soudain la grêle !
Je rentre dans mon tipi.
Des grêlons rebondissent vers l’intérieur, sous mon tapis de sol des petites cuvettes se remplissent d’eau...
Je fourre tout ce qui craint l’eau dans mon sac à dos que je pose sur le matelas plié en deux.
Je rejette des grêlons vers l’extérieur.
Je m’inquiète, il y a eu des grêlons de 4 à 8 cm au Capcir il y a peu...
Cela va durer environ 45 minutes.

Mon voisin arrive du refuge à la fin des "hostilités". Son duvet et des affaires sont mouillés. Mon matelas est humide. J’essuie mon tapis de sol.
La zone de bivouac s’anime. Le soleil sort comme si de rien n’était et réchauffe l’atmosphère. On en profite pour faire sécher.
Jeff mon "voisin" fait du dessin animé ( https://jetpropulsion.space/ ). On échange sur le rapport au travail et à la nature, la montagne, la vie. Je lui parle d’André Gorz.
J’engueule gentiment deux jeunes qui se lavent avec du savon dans le lac : "Mais c’est du savon bio !"
"Et alors ? Les poissons n’en mangent pas !"
Je prépare mon plat de pâtes. Un petit rat (un loir ?) m’observe, je lui fais peur.
Une fois dans mon duvet je poursuis ma lecture..
Malgré la grêle tout est devenu sec et la nuit sera sans rosée.

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Quatrième jour

8h30, lundi matin. Je suis sur le GR10 et le chemin du retour. Je dois descendre de 2135m à 1540m pour récupérer des pistes et basculer plein Ouest à 1720m, pour changer de vallée, en direction du parking de chez Louisette. Des pistes pleines de "dingues" du VTT.
La météo prévoit de l’orage vers 16 heures.
Je rêve de salade variée chez Louisette.

Dans ce paradis des vaches, le ruisseau d’Aygues Cluses disparait avec des bruits de succion pour réapparaitre 200m plus bas.
Arrivé au parking, je constate que le restaurant Chez Louisette est fermé le lundi.
Mon rêve de salade s’évapore et disparaît comme le ruisseau... à moins qu’à Luz-Saint-Sauveur ?

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