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Une rando en soutien à Sidaction
De la Fruitière au lac Glacé, une rando sur deux jours
mercredi 8 septembre 2021, par
Dimanche 5 septembre 2021, 9h du matin, j’ai rendez-vous avec Guy Molinier à La Fruitière, une petite auberge à quelques kilomètres au sud de Cauterets. Nous arrivons tous les deux en avance avec croissants et chocolatines. Nous constatons que fermée ce dimanche matin, l’auberge le sera également lundi en fin d’après midi lors de notre redescente car c’est son jour de congé.
Nous partons pour le lac Glacé (2571m). C’est la première action de la team d’Act Up Sud Ouest dans le cadre du challenge "Ruban Rouge", en soutien à Sidaction. Guitou a préparé une affiche qui va nous accompagner le long de cette randonnée.
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Premier jour
Lac d’Estom (1804m). Nous y prenons une longue pause
Guy en profite pour faire des photos.
J’achète la dernière bière du refuge pour l’apéro ce soir. Il a été "dévalisé" par la forte fréquentation cette année. Il ne lui reste plus rien. Faire monter un hélico pour se réapprovisionner ? C’est risqué. Cela coûte cher. La saison fini le 3 octobre. En plus le groupe électrogène est en panne. Plus d’électricité. Beaucoup de touristes montent jusqu’à ce lac. Il est transformé en station balnéaire. Les gérants du refuge sont épuisés : "le service du matin tôt au soir tard, le monde, et on passe beaucoup de temps à les éduquer au respect de la montagne."
Vers midi nous reprenons notre itinéraire. Prochaine étape le lac de Labas à 2281m. Tout en bas le lac d’Estom. La majorité des randonneurs y restera. Tant mieux pour nous.
Enfin le lac Couy (2445 m) où nous avons prévu de passer la nuit. Je me souviens y avoir bivouaqué en juillet 2019 dans le cadre d’un camp itinérant M.U.L. (Marcheur Ultra Léger). Mais à ce moment là il y avait encore des névés et beaucoup de brouillard. Je n’avais rien perçu du paysage grandiose. La vision s’arrêtait à 20m maximum.
Notre installation pour la nuit : la tente rouge pétard de Guitou à gauche, mon tarp gris clair à droite. Le pic de Pébignau au fond. Le lac en dessous. Nous bivouaquons le plus à l’Ouest possible pour avoir le soleil au matin.
Un pêcheur montera sa tente à l’Est de l’autre coté du lac.
C’est pas le rush du lac d’Estom.
L’entrée de mon tarp avec mon sac et mes affaires posées devant. J’utilise un film en Polycree comme tapis de sol (c’est la matière qui est utilisée parfois pour faire un double vitrage), c’est étonnamment solide et très léger. Je l’achète chez Leroy Merlin. Ma cape de pluie (rouge) fait office de porte.
Beaucoup pense que l’on n’y est pas à l’abri.
Personnellement je m’y sens bien et cela ne m’empêche pas de dormir. Je n’y suis pas à l’étroit. Et puis c’est léger. 350 gr pour le tarp, 70 gr pour le tapis de sol, mes 2 bâtons et ma cape de pluie... On peut le monter haut ou bas lorsqu’on craint vent, pluie et orage.
Sûr que quand je pars pour plus de 3 jours j’hésite à prendre ma tente... C’est un palace de 1,3 kg pour 2 personnes.
Ma popote... Guitou est parti prendre quelques photos. Puis apéro bière, chorizo, andouillette... J’ai prévu une soupe thaï enrichi de pâtes aux œufs, mon complice un sauté de veau qu’il fait juste réchauffer.
Un jeune aigle royale nous survole et se pose sur une butte à une centaine de mètres. Il y reste un moment. On s’observe mutuellement.
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Deuxième jour
Lundi matin...
Encore dans mon duvet je dégonfle le matelas. J’enfile le haut. Puis je me lève et je mets mon pantalon. Pendant que l’eau chauffe je range mes affaires dans mon sac à dos. Mon duvet protégé de l’humidité dans un sac étanche, le reste de mes fringues dans un autre : celui-ci est particulier. Il fait double emploi : il est adapté comme une pompe pour m’aider à gonfler mon matelas .
Cette randonnée ci mon sac sans la nourriture (500gr par jour max) et sans l’eau (je porte rarement plus d’un demi litre) pèse environ 6kg.
Il fait un peu frais, normal à cette altitude mais la météo est bonne. Il n’y a pas eu de vent cette nuit. Juste un peu de condensation. Le dessus du duvet était glacé quand je me suis couché. Mais à l’intérieur j’étais bien. Et j’ai eu vite chaud. J’adore dormir en bivouac. Écouter les sons la nuit, voir les étoiles brillantes car sans lumière parasite.
Petit dej pris, tente et tarp rangés, nous faisons de l’eau dans le torrent puis direction le lac Glacé. Le passage pour déboucher sur lui d’après les topos, qui passe par la faille du torrent, vu sur place, me semble ric rac. Je me souviens d’une possibilité plus soft, plus sécurité, à 20 mètres sur sa droite qui monte en petit lacets dans un éboulis. Des MUL l’avaient emprunté en 2019.
Nous la prenons
L’objectif de cette randonnée est atteint. Nous pensions poursuivre jusqu’au col des Gentianes (2721m) pour apercevoir le Vignemale, mais à moins d’1 km vers 2650m nous décidons de redescendre. Le paysage très minéral ne nous donne pas envie de le traverser 2 fois. Sur une boucle oui mais pas là. D’un commun accord, nous rebroussons chemin.
Nous avions aussi envie de prendre notre temps dans la redescente.
La redescente sous la cagnasse après notre "repas" sur les berges du lac Couy où nous avons rencontré notre pêcheur.
J’ai pris un coup de soleil au cou...
Lac de Labas et lac des Oulettes d’Estom Soubiran.
Lac de Labas...
On va croiser une bande de Wallons chargés comme des mulets. Ils nous disent qu’à défaut de bières ils ont fait le plein de rhum, de citrons verts, de pastis...
Au refuge d’Estom on apprendra que les jeunes Wallons ont aussi chargé 3 litres de vin dans leur besace.
Et on va également croiser à l’approche du lac d’Estom une bande de Tchèques hyper chargés. Cela faisait longtemps que j’avais rencontré des sacs aussi hauts et lourds.
Le refuge d’Astom nous a soufflé que les Tchèques ne sont pas partis sans provision. Eux aussi avaient fait le plein de quelques litres de rouge.
On se demandait avec Guitou ce que pouvait donner en haute montagne une rencontre Belges Tchèques ?
On arrive bientôt à la Fruitière. On se dit que l’on va remettre ça le plus vite possible. Où ? Quand ? Le week-end du 18 au 20 septembre en ce qui me concerne si la météo le permet. Avec Guitou j’espère.
Ces fleurs annoncent l’automne.
Comme la Fruitière est en congé, vite une bière à la Raillère avant de prendre chacun sa route.
Ah j’oubliais : "Au total nous aurons, à tout les deux, ajouté 50 km au challenge du Ruban rouge."
KINOKS


































